Chroniques romans adultes

Les Ames et les enfants d’abord d’Isabelle Desesquelles aux éditions Belfond ****

9782714471024Date de parution Janvier 2016 – 96 pages – 10 €

Ceci n’est pas un roman. Il s’agit du second récit d’Isabelle Desesquelles. Après avoir traité de son métier et des affres causées par les grandes surfaces culturelles, elle évoque ici la misère. Plus précisément la mendicité à hauteur d’enfants. En partant d’exemples et anecdotes de sa vie de maman aux côtés de son fils, l’auteure provoque par ses mots une longue réflexion chez ses lecteurs. En invoquant tour à tour Baudelaire, Hugo et les Misérables, les contes d’Andersen, I. Desesquelles montre que la pauvreté a de tout temps existé, mais qu’elle n’a jamais été à son apogée comme aujourd’hui : on la trouve à tous les coins de rues. L’interrogation qui la préoccupe : est-ce ce que l’on souhaite pour nos enfants ? Qu’ils assistent à un tel spectacle ? Alors même qu’ils devraient être dans l’âge de l’insouciance, de l’innocence. Les pages défilent, on s’interroge sur notre humanité. Où est notre humanité nous qui laissons faire, nous qui donnons quelques centimes pour pouvoir nous donner bonne conscience, nous qui parfois, souvent, détournons le regard pour ne pas voir parce que c’est dérangeant ? « Pas un ne s’arrête, la planète bouge. Monde infirme, nous sommes sourds, nous sommes aveugles, nous avançons. » La critique est acide, implacable. L’auteure pointe le contraste entre l’opulence indécente (une robe Dior qui vaut le prix d’une maison) et la grande misère qui habite nos rues, nos pays, notre monde. La culpabilité pointe son nez dans le coeur des lecteurs mais pas seulement, en invoquant l’enfant en nous, l’auteure fait aussi naître l’espoir d’une plus grande solidarité à l’avenir. En se gardant bien de faire la leçon à quiconque, le récit ne fait qu’éveiller les consciences. Aussi, ce court ouvrage fait l’effet d’une claque en plein visage et est nécessaire car personne ne peut être indifférent à ces faits ni à ses mots parfois très poétiques. Un roman utile, très utile !!!

Citations retenues :

« Un enfant remarque tout, c’est une éponge à nos manquements et nos peurs. »

 » Un peuple libre est invincible s’il est solidaire. »

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